Un déficit budgétaire à 3% et un taux de croissance à 3,2%
17 août 2017
Lavieeco (23450 articles)
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Un déficit budgétaire à 3% et un taux de croissance à 3,2%

L’élaboration du projet de loi de Finances semble être à un stade avancé. Priorité est donnée au social, à l’industrie, à la régionali-sation avancée et à la réforme de l’admini-stration.

Les grandes orientations du budget sont esquissées. Le chef de gouvernement a, en effet, adressé aux différents départements ministériels la note de cadrage relative à la préparation de la loi de Finances 2018. Très attendu, cet acte établi le 9 août fixe le déficit budgétaire à 3%, le taux de croissance à 3,2% pour l’année prochaine et l’ambition de réduire en 2021 l’endettement du Trésor à moins de 60%. Après plus de 100 jours de la mise en place du gouvernement, l’élaboration du projet de loi de Finances semble être à un stade avancé. Priorité est donnée au social, à l’industrie, à la régionalisation avancée et à la réforme de l’administration. Plus en détails, l’Exécutif devra se pencher dans les jours à venir sur ces quatre grands axes en accordant plus d’importance aux secteurs définis dans cette lettre du chef de gouvernement. A ce stade, la note indique que le social sera axé sur l’enseignement, la santé, l’emploi, la réduction des disparités, et un intérêt particulier sera porté au monde rural. Au terme de ce document, la réforme de l’enseignement se focalisera sur la généralisation de l’enseignement préscolaire, le renforcement et la maîtrise des langues, la généralisation de l’enseignement professionnel et son adaptation au marché de l’emploi, l’élargissement et l’amélioration de l’offre scolaire, et le renforcement du programme d’analphabétisation. Le programme du gouvernement planchera dans ce sens sur la mise en place de la vision stratégique 2015-2030 liée à la réforme de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. Autre plan stratégique évoqué par le document, celui relatif à l’emploi. En effet, Saad Eddine El Othmani a appelé à l’accélération de ce plan, notamment à travers la mise en place d’une évaluation des programmes de l’emploi et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises. Selon cette note le projet de loi de Finances devra établir un lien entre les incitations fiscales, foncières ou l’aide financière directe et la création effective d’emploi en matière d’investissement. Dans cet élan l’année 2018 connaîtra à travers son projet de loi l’extension du programme d’auto-entrepreneurs au monde rural. Autre secteur clé, celui de la santé. Selon la note, les budgets seront également orientés vers l’évaluation des besoins en ressources humaines pour chaque région et l’amélioration de l’infrastructure hospitalière. Dans cet élan, le gouvernement compte accélérer la construction des CHU de Tanger et d’Agadir et la reconstruction du CHU Ibnou Sina de Rabat. Par ailleurs, une base de données unifiées des couches précaires ou pauvres sera mise en place pour le ciblage des aides directes du Ramed, du programme Taysser, des aides aux veuves ou autres.

Écosystèmes industriels, Plan Maroc Vert et régionalisation avancée

Dans sa note exhaustive, Saad Eddine El Othmani marque l’ambition du gouvernement d’atteindre une part de 23% du PIB pour le secteur de l’industrie à l’horizon 2020.  Pour ce faire, le projet de loi de Finances 2018 compte poursuivre la stratégie fixée par le Plan d’accélération industrielle qui se focalise, entre autres, sur le développement des écosystèmes industriels. Une dynamique que le gouvernement entend continuer aussi en soutenant le Plan Maroc Vert au vu des résultats probants réalisés dans le secteur agricole.

Plus encore, le projet de loi de Finances portera aussi sur la mise en application du contrat-programme afférent au développement des industries agroalimentaires 2017-2020 signé en marge des 9èmes Assises de l’agriculture.

Autre grand chantier important évoqué par la note de cadrage, celui de la régionalisation avancée.

Outre l’orientation des ressources financière vers les régions, la mise en application de la régionalisation avancée nécessite l’accompagnement des collectivités territoriales pour arriver à la bonne gouvernance, indique le document. Dans ce sens, le chef de gouvernement appelle à l’adoption de la charte de la décentralisation administrative et la mise en œuvre d’un plan pour le transfert des attributions aux régions graduellement, tout en respectant les équilibres financiers de l’Etat.

Pour ce qui est de la réforme de la compensation, la note confirme la poursuite de ce chantier avec le démantèlement progressif des subventions.

Sans surprise, le projet de loi de Finances 2018 ambitionne de limiter les créations des postes budgétaires aux besoins de la mise en marche des services publics et de maîtriser les dépenses des fonctionnaires en collaboration avec les services concernés. De même, l’Exécutif aspire à l’optimisation des dépenses de gestion de l’administration, notamment avec la réduction de la facture d’électricité, d’eau, de télécommunications, de transport, des déplacements, du loyer, de l’aménagement des locaux administratifs, l’organisation des réceptions, et des conférences. Pour les dépenses d’investissement, la priorité sera accordée, selon les orientations du chef de gouvernement, aux projets et programmes objet d’accords signés devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Une priorité qui concerne également les projets réalisés en partenariat avec les institutions internationales et les Etats donateurs. La note précise que seuls les projets ayant rempli les conditions de réalisation seront présentés devant SM le Roi Sans aucun doute, la réforme de l’administration reste un des projets importants auquel devra s’atteler le gouvernement El Othmani. Quelques semaines après le discours du Souverain, cette note de cadrage souligne que l’administration doit être au service du citoyen et de l’entreprise. Elle indique à cet égard que pour la réussite de cette réforme, il est essentiel de généraliser l’administration électronique, de simplifier les procédures administratives et d’adopter la gestion décentralisée, notamment pour les ressources humaines.

Leila Ouchagour

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