Tesco: les résultats plombés par l'épilogue d'un scandale comptable
12 April 2017
AFP
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Tesco: les résultats plombés par l'épilogue d'un scandale comptable

Le géant britannique des supermarchés Tesco tourne la page d'un scandale comptable avec une perte annuelle, qui masque des résultats encourageants face à la pression de la concurrence et la poussée de l'inflation.

Le géant britannique des supermarchés Tesco tourne la page d'un scandale comptable avec une perte annuelle, qui masque des résultats encourageants face à la pression de la concurrence et la poussée de l'inflation.

Le groupe a annoncé dans un communiqué mercredi être repassé dans le rouge lors de l'exercice 2016/17 achevé fin février, avec une perte nette de 40 millions de livres (47 millions d'euros).

Tesco a dû passer dans ses comptes une charge de 235 millions de livres correspondant à des amendes et indemnités qu'il doit payer afin d'éviter un procès dans cette retentissante et coûteuse affaire mise au jour il y a trois ans.

Les bénéfices avaient à l'époque été largement surestimés et la révélation du scandale avait provoqué une tempête médiatique et un mouvement de ventes massives de l'action du groupe. Trois anciens hauts responsables du groupe ont par ailleurs été inculpés et vont passer en procès.

Cette affaire avait couronné un exercice 2014/15 exécrable pour le géant des supermarchés, qui avait subi une perte nette abyssale de 5,7 milliards de livres, la pire de son histoire quasi centenaire.

Le groupe est donc rattrapé par la conclusion de cette affaire, alors même qu'il était parvenu à revenir dans le vert en 2015/16 avec un maigre bénéfice de 138 millions de livres.

De son côté, le marché accueillait prudemment la publication du groupe dont le titre perdait 2,76% à 190,20 pence à la Bourse de Londres vers 08H10 GMT, dans un marché en hausse.

Tout n'est pour autant pas négatif pour l'enseigne de supermarchés, la première du Royaume-Uni en termes de parts de marché, qui a vu ses ventes progresser de 3,7% à 55,9 milliards de livres en 2016/17.

Plus précisément, le groupe relève que les ventes à données comparables (à nombre de magasins constant) se sont élevées de 0,9% au Royaume-Uni soit la première année de croissance depuis 2009-2010.

De même, son bénéfice opérationnel avant éléments exceptionnels a bondi de 29,9% à 1,280 milliard de livres, soit plus que l'objectif qu'il s'était fixé (1,2 milliard).

- L'inflation, principal défi -

"Nous sommes au-delà de ce que nous attendions à ce stade", se félicite Dave Lewis, directeur général du groupe, cité dans le communiqué, alors que Tesco est par ailleurs engagé dans un plan d'économies qui s'élèvera au total à 1,5 milliard de livres.

Pour Laith Khalaf, analyste chez Hargreaves Lansdown, "sur le plan opérationnel le groupe est sur le chemin de la reprise mais il n'est pas encore tiré d'affaire", notamment en raison d'un déficit toujours abyssal de son fonds de retraite sans compter la pression concurrentielle.

Depuis des années, les distributeurs historiques et les nouveaux venus à bas coûts se livrent une véritable guerre des prix au Royaume-Uni, laquelle devient de plus en plus intenable du fait de la poussée de l'inflation.

La chute de la livre depuis le vote pour le Brexit renchérit considérablement le coût des biens importés et contraint les enseignes à augmenter un peu les prix au risque de voir leurs marges se comprimer davantage.

"L'inflation est encore le principal problème pour le groupe. Il ne peut pas augmenter trop les prix parce que cela ferait fuir les consommateurs vers Aldi et Lidl", relève Naeem Aslam, analyste chez Think Markets.

Les chiffres officielles ont montré mardi que l'inflation au Royaume-Uni est restée au niveau élevé de 2,3% en mars avec pour la première fois depuis de longs mois une hausse des prix dans l'alimentaire.

Enfin, Tesco est face à un autre défi de taille puisqu'il est engagé dans le rachat du plus important grossiste britannique, après avoir annoncé fin janvier le rachat de Booker valorisé 3,7 milliards de livres.

Le groupe explique dans son communiqué mercredi qu'il attend l'aval des autorités britanniques de la concurrence et des actionnaires afin de boucler la transaction fin 2017 ou début 2018. Il doit toutefois faire face à la fronde de deux importants actionnaires, totalisant 9% du capital, mécontents quant au prix jugé trop élevé de cette opération.