SNCF: 29e jour de grève, la convention collective en ligne de mire
12 June 2018
AFP
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SNCF: 29e jour de grève, la convention collective en ligne de mire

Les syndicats de la SNCF n'ont pas réussi à faire décoller le taux de grévistes mardi, "journée de la colère cheminote", alors qu'ils espéraient un rebond avant l'adoption définitive de la réforme ferroviaire au Parlement et les négociations sur la future convention collective du secteur.

Les syndicats de la SNCF n'ont pas réussi à faire décoller le taux de grévistes mardi, "journée de la colère cheminote", alors qu'ils espéraient un rebond avant l'adoption définitive de la réforme ferroviaire au Parlement et les négociations sur la future convention collective du secteur.

Au 29e jour de grève depuis début avril et le lancement du mouvement par épisodes, la direction recensait 17,63% de grévistes au total en milieu de matinée. Parmi les personnels indispensables à la circulation des trains, 53,4% des conducteurs et 45,5% des contrôleurs étaient en grève.

Tous ces chiffres sont supérieurs à ceux du précédent jour de grève, vendredi (13,68% de grévistes au total, le taux le plus bas du mouvement), mais bien inférieurs à ceux de la "Journée sans cheminots" le 14 mai, qui avait vu rebondir la mobilisation avec un taux global de 27,58%, ceux des conducteurs et contrôleurs frôlant les 75%.

Côté trafic, la SNCF prévoyait mardi trois TGV et Transilien sur cinq, un TER sur deux, deux Intercités sur cinq et un train sur deux à l'international.

Le vote définitif du projet de loi mercredi à l'Assemblée, jeudi au Sénat, n'est plus qu'une formalité mais les syndicats ont répété ces derniers jours que la partie ne serait pas finie après l'adoption du texte au Parlement.

Après avoir obtenu des avancées sociales via des amendements, ils veulent désormais peser sur les négociations de la future convention collective nationale (CCN) du secteur ferroviaire, pour laquelle une réunion tripartite syndicats-patronat-gouvernement est prévue vendredi. Ils exigent une CCN de "haut niveau" avec des "engagements" du gouvernement. Cette CCN remplacera le statut des cheminots à partir du 1er janvier 2020 et l'arrêt des embauches sous ce statut.

"On est encore loin d'une sortie de grève" à la SNCF, a estimé mardi sur RMC Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, appelant à ce que "le gouvernement intervienne pour que ces négociations avancent et qu'il y ait un vrai contenu dans cette convention collective".

Le député Jean-Baptiste Djebbari (LREM), rapporteur du projet de loi, a jugé que "le cadre social" était désormais "complet" et devait "permettre aux cheminots d'aborder la phase suivante qui est la conclusion de la convention collective de façon sereine".

- "Le combat continue" -

Sur le terrain, les cheminots étaient encore mobilisés mardi. A Montpellier, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblés devant la direction régionale de la SNCF. Une immense banderole, sur laquelle était inscrit "le combat continue", recouvrait les quatre étages de l'immeuble. Entre 400 et 500 personnes ont aussi défilé à Lyon en direction de la gare de la Part-Dieu.

A la gare de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), tôt le matin, des cheminots ont emballé guichets et automates avec du film plastique pour les condamner.

A la gare Lille-Flandres, "à la suite d'actes de malveillance", une dizaine de trains accusaient des retards de l'ordre "d'une quinzaine de minutes", selon la direction régionale de la SNCF. Une soixantaine de cheminots ont distribué des petits déjeuners aux usagers. Objectif: "leur expliquer notre combat" et "pourquoi ils vont être aussi perdants" avec cette réforme, a expliqué François Gruson (CGT).

Dans le quartier d'affaires de La Défense, près de Paris, quelque 400 manifestants CGT, SUD-Rail et FO se sont rassemblés en début d'après-midi devant le siège de Oui.SNCF, fermé par les forces de l'ordre. Les manifestants venus des gares de Montparnasse ou Austerlitz, de Mitry, Versailles ou encore Saint-Denis, soutenus par des "cheminots belges solidaires", ont crié "Résistance" et "Cheminots en colère, on va pas se laisser faire", dans un concert de tambours et de sifflets.

Souhaitant que "les épreuves du bac ne soient pas perturbées" la semaine prochaine, la ministre des Transports Elisabeth Borne a appelé les syndicats à arrêter la grève.

L'Unsa ferroviaire, 2e syndicat de la SNCF, avait proposé en vain la semaine dernière à ses partenaires de l'intersyndicale (CGT, SUD et CFDT) de "mettre la grève entre parenthèses" pendant le bac. Elle pourrait renouveler cette proposition mercredi lors d'une intersyndicale.

burs-er/cel/mpf