Rendez-vous salarial pour les fonctionnaires et leurs rémunérations de 2019
18 June 2018
AFP
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Rendez-vous salarial pour les fonctionnaires et leurs rémunérations de 2019

Plus de cinq millions d'agents publics attendaient lundi un geste du gouvernement en termes de rémunération pour 2019, après deux journées de mobilisation axées sur la défense du pouvoir d'achat.

Plus de cinq millions d'agents publics attendaient lundi un geste du gouvernement en termes de rémunération pour 2019, après deux journées de mobilisation axées sur la défense du pouvoir d'achat.

Présidé par le secrétaire d'Etat à la fonction publique Olivier Dussopt, ce "rendez-vous salarial" était initialement prévu en octobre mais a été avancé à la demande des syndicats pour qu'il se tienne avant les arbitrages budgétaires.

Le précédent, en octobre 2017, ayant débouché sur "une année 2018 négative" en termes de rémunération selon les syndicats, ceux-ci avaient placé la question du pouvoir d'achat au coeur de deux journées de grève et de manifestations.

Mais la mobilisation moins importante qu'attendue le 22 mai (139.000 personnes en France selon le ministère de l'Intérieur, pour 323.000 le 22 mars), et ce malgré l'appel unitaire des organisations syndicales, ne leur permet pas d'arriver lundi dans la position de force espérée.

Avant la réunion, qui a débuté à 14H00 au ministère de l'Economie, un rassemblement "symbolique" s'est tenu devant Bercy, l'occasion pour les responsables des neuf organisations représentatives de réaffirmer leurs revendications face à environ 200 agents, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Il est indispensable que le travail des agents de la fonction publique soit reconnu et fasse l'objet de véritables mesures salariales", à la hauteur des "richesses" qu'ils produisent, a déclaré au micro Gaëlle Martinez (Solidaires, 6e syndicat).

Les syndicats réclament, outre la revalorisation de l'indemnité compensatrice de la hausse de la CSG et le respect des engagements sur la protection sociale complémentaire, des mesures générales. Et notamment la revalorisation du point d'indice, qui sert à calculer le salaire des fonctionnaires, gelé entre 2010 et 2016 puis de nouveau en 2018.

Ce "geste attendu de reconnaissance" serait "logique quand on regarde l'augmentation du coût de la vie", estime Luc Farré (Unsa, 4e syndicat).

- "Smicardisation" de la fonction publique -

La CGT (1er) défend une augmentation de la valeur du point de 2,5%, en dénonçant un "processus de +smicardisation+ massif" dans la fonction publique: selon elle, près de deux agents sur dix ont un salaire compris "entre le SMIC et +10%" du SMIC, contre seulement un sur dix il y a 20 ans.

"On a toujours en tête la promesse d'Emmanuel Macron, lorsqu'il était candidat, d'améliorer le pouvoir d'achat de tous les salariés. C'est l'occasion pour le gouvernement de tenir cette promesse", estime Bernadette Groison (FSU, 5e), précisant toutefois ne pas se faire "de grandes illusions".

Olivier Dussopt a en effet déjà prévenu que l'augmentation de la valeur du point n'était pas "privilégiée", faisant valoir un "coût collectif très important" pour un gain individuel "très faible".

Une revalorisation de 1% "représente une augmentation des dépenses publiques de deux milliards d'euros" pour une hausse de salaire "de moins de 15 euros" pour un agent gagnant 2.000 euros net, a-t-il répété ces derniers mois.

Le gouvernement table plutôt sur le développement du salaire au mérite - des discussions ont débuté fin mai sur ce sujet avant un projet de loi annoncé au 1er semestre 2019 -, et sur des mesures catégorielles.

Fin mars, le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin avait annoncé vouloir faire un geste pour les fonctionnaires les plus "mal payés", citant les infirmières ou "un certain nombre de métiers de catégorie C", la plus basse.

Des précisions pourraient être données lundi, mais les syndicats se sont déjà opposés à des mesures "uniquement catégorielles". Christian Grolier (FO, 3e) avait déclaré être "par principe" "opposé à une discussion de rémunération liée aux métiers". Cela va "opposer les agents les uns aux autres", avait renchéri Jean-Marc Canon (CGT).

Le gouvernement devrait par ailleurs confirmer la reprise, à partir du 1er janvier 2019, du protocole d'amélioration des carrières et des rémunérations appelé PPCR, conclu sous le gouvernement précédent mais gelé pour un an après l'élection d'Emmanuel Macron.

Ce programme, qui "représente un engagement très lourd de l'Etat", sera "intégralement tenu sur le quinquennat" et se traduira "par des augmentations de salaire pour l'ensemble des catégories" d'agents, avait rappelé M. Dussopt fin mai.