Rassurée par la Fed, la Bourse de Paris va pouvoir souffler
14 July 2017
AFP
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Rassurée par la Fed, la Bourse de Paris va pouvoir souffler

Secouées récemment par les banques centrales, la Bourse de Paris et ses homologues européennes devraient profiter d'un moment de répit la semaine prochaine après le message d'apaisement distillé par la Fed, même si les résultats d'entreprises leur promettent un peu d'animation.

Secouées récemment par les banques centrales, la Bourse de Paris et ses homologues européennes devraient profiter d'un moment de répit la semaine prochaine après le message d'apaisement distillé par la Fed, même si les résultats d'entreprises leur promettent un peu d'animation.

"Les semaines à l'avenir seront relativement calmes et le flux de nouvelles devrait rester positif comme il l'a été cette semaine" avec en particulier les bons chiffres de la production industrielle en zone euro, a estimé auprès de l'AFP Vincent Juvyns, un stratégiste de JPMorgan AM.

Faute d'indicateurs majeurs, ce sont surtout les publications de résultats du deuxième trimestre qui devraient rythmer la semaine boursière européenne.

Il s'agit "d'avoir la confirmation que l'embellie macroéconomique à laquelle nous assistons toujours en Europe, et aux Etats-Unis d'ailleurs, se traduit au niveau microéconomique par des résultats en hausse", commente M. Juvyns.

Justement, cette nouvelle saison "s'annonce sous les meilleurs auspices après un quatrième trimestre 2016 qui fut excellent et un premier trimestre 2017 qui le fut autant puisque les entreprises de la zone euro ont en moyenne affiché une croissance bénéficiaire de 20% par rapport à l'année précédente", souligne-t-il.

"L'activité économique au deuxième trimestre a été telle qu'il n'y a pas de raison de craindre de grosses déceptions", abonde Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement chez Carmignac Gestion.

Les investisseurs pourront vérifier cette dynamique positive la semaine prochaine avec la deuxième estimation des chiffres de l'inflation pour la zone euro en juin tandis qu'en Chine est attendu, entre autres statistiques de premier plan, le PIB du deuxième trimestre.

Au Royaume-Uni seront également publiées l'inflation et les ventes au détail pour le mois de juin, des statistiques qui donneront une idée de la performance de l'économie britannique en fin de deuxième trimestre, après un premier trimestre décevant.

- Les banques centrales en ligne de mire -

La microéconomie devrait revenir sur le devant de la scène, mais les investisseurs continueront quand même à garder un oeil sur les banques centrales, dont les messages successifs ont donné du grain à moudre aux marchés ces dernières semaines, alors que la Banque centrale européenne (BCE) se réunit jeudi prochain.

Le conseil des gouverneurs de l'institution de Francfort "devrait de nouveau discuter de manière intensive de la poursuite de sa politique monétaire l'an prochain", juge Michael Schubert, un économiste de Commerzbank, selon lequel "peu de décisions sont à attendre" de ce rendez-vous.

Depuis fin juin, les marchés ont "été très affectés par le discours des banques centrales, y compris celui de la BCE à Sintra, au Portugal, quand Mario Draghi a employé des mots assez nouveaux en disant que les risques de déflation étaient désormais dépassés", rappelle M. Saint-Georges.

Entre-temps, de manière plus officieuse, "les banques centrales ont calmé le jeu" puisque "des membres de la BCE ont expliqué qu'il ne fallait pas se méprendre sur le sens des propos de Mario Draghi et que naturellement la BCE resterait extrêmement vigilante pour ne pas resserrer indûment sa politique monétaire", observe-t-il.

Le discours prononcé mercredi et jeudi devant le Congrès par la présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) est allé dans le même sens, entraînant un soulagement général des marchés.

L'idée était de dire que "même si l'économie va bien, que le niveau du chômage est très bas, il ne faut pas s'inquiéter d'une réduction du bilan de la Fed trop rapide", a décrypté M. Saint-Georges.

D'autant que la faiblesse de l'inflation, l'un des principaux indicateurs scrutés par la Fed, s'est à nouveau vérifiée ce vendredi aux Etats-Unis avec des prix à la consommation qui ont stagné en juin et sont tombés, sur un an, à leur plus bas niveau en neuf mois.

La Fed a voulu "confirmer sur la direction mais rassurer sur la vitesse" du futur resserrement monétaire, qui reste inexorable, poursuit-il.

"Les marchés sont revenus dans cette idée qu'ils pouvaient rester un petit peu dans ce meilleur des deux mondes, c'est-à-dire une économie qui soit ni trop chaude, ni trop froide et les banques centrales parviennent pour l'instant à les maintenir à l'intérieur de ce chemin assez étroit", conclut M. Saint-Georges.