Les marques Sandro, Maje, Claudie Pierlot en Bourse avant fin 2017
18 September 2017
AFP
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Les marques Sandro, Maje, Claudie Pierlot en Bourse avant fin 2017

La maison-mère des marques de prêt-à-porter Sandro, Maje et Claudie Pierlot, en pleine expansion depuis sa création en 2010, prépare son entrée en Bourse pour mieux s'imposer à l'étranger et réduire sa dette.

La maison-mère des marques de prêt-à-porter Sandro, Maje et Claudie Pierlot, en pleine expansion depuis sa création en 2010, prépare son entrée en Bourse pour mieux s'imposer à l'étranger et réduire sa dette.

L'opération devrait être concrétisée "avant la fin de l'année 2017", a déclaré lundi Daniel Lalonde, PDG du groupe SMCP (initiales des trois marques), qui a fait les premières démarches auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Il s'agit de la première étape de son projet d'introduction en Bourse qui passera par une émission de titres à hauteur de 120 millions d'euros.

Le géant chinois du textile Shandong Ruyi, premier actionnaire avec 82% du capital, prévoit de descendre sa participation à 51%, ce qui lui permettra de garder le contrôle. Le fonds d'investissement américain KKR présent à hauteur de 10% n'a pas fait état de ses intentions. Le reliquat est entre les mains des fondateurs et de la direction.

La levée de fonds va "financer le développement de la société et réduire son endettement", a résumé le patron de SMCP, au cours d'une conférence de presse, assurant conserver son "indépendance" d'action et bénéficier des "bons conseils en Asie" de son actionnaire chinois.

- Luxe abordable -

SMCP, qui cherche à "diffuser le chic parisien à travers le monde" via ses trois marques complémentaires, "combine les codes du luxe et de la fast fashion", c'est-à-dire de la mode vestimentaire à prix peu élevé qui a vocation à être rapidement renouvelée.

Son ascension des dernières années s'illustre par des ventes annuelles en hausse de 24% en moyenne entre 2014 et 2016 et une rentabilité (excédent brut d'exploitation) en hausse de 32,5% par an.

La cadence s'est poursuivie au premier semestre (hausse de 19,5% de l'Ebitda pour des ventes progressant de 16,4%, à 439 millions d'euros), ce qui laisse augurer une croissance "de 14,5% du chiffre d'affaires" sur 2017, selon le directeur financier, Philippe Gautier.

En termes de valorisation, le groupe se compare au fabricant de doudounes de luxe Moncler, qui a réalisé une entrée triomphale en Bourse en 2013, ou encore l'espagnol Zara et le britannique Ted Bakker.

Avec des ventes internationales qui représentent 57% du chiffres d'affaires et 91 magasins ouverts sur ces 12 derniers mois, SMCP veut poursuivre son expansion sur cinq marchés clé, en priorité la Chine, où elle compte désormais 104 magasins alors qu'elle était absente du marché jusqu'en 2013.

Avant de s'implanter "à moyen terme" au Japon, il faut d'abord "absorber la croissance en Grande Chine", qui pourrait accueillir "à terme au moins le même nombre de magasins qu'en France", soit 479, a souligné M. Lalonde, issu du numéro un mondial du luxe LVMH.

Ce chiffre n'a pas vocation à évoluer dans l'Hexagone, où le groupe emploie plus de la moitié de ses 4.450 salariés.

L'accent est surtout mis sur l'accélération des ventes en ligne, qui comptent désormais pour 12,3% du chiffre d'affaires, contre 9,6% au premier semestre 2016. Le groupe a embauché un ancien responsable d'Amazon comme directeur digital en 2015.

Le développement de la gamme Homme, pour l'instant proposée uniquement par la marque Sandro (9% du chiffre d'affaires global), et celui des accessoires font aussi partie de la stratégie du groupe.

Son succès, SMCP l'explique notamment par les emplacements prestigieux de ses magasins, la bonne santé du marché du prêt-à-porter, sa capacité à proposer "25 nouveaux produits par marque par semaine" et à ouvrir "entre 80 et 90 magasins par an". Il lui faut "entre 3 et 4 mois entre la création et l'arrivée dans les magasins".

Le groupe compte plus de 1.200 points de vente dans le monde et 250 fournisseurs. Ses vêtements sont fabriqués pour moitié en Europe et en Asie.

Evelyne Chetrite et Judith Milgrom ont fondé respectivement Sandro et Maje à Paris en 1984 et en 1998 et elles continuent à en assurer la direction artistique.

Claudie Pierlot a été fondée en 1984 par Mme Claudie Pierlot et a été acquise par SMCP en 2009.