Le parquet de Séoul prône en appel la sévérité contre l'héritier de Samsung
12 October 2017
AFP
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Le parquet de Séoul prône en appel la sévérité contre l'héritier de Samsung

Le ministère public sud-coréen a réclamé jeudi une peine plus sévère contre l'héritier de l'empire Samsung, au premier jour de son procès en appel dans l'affaire de corruption qui a provoqué la chute de l'ex-présidente Park Geun-Hye.

Le ministère public sud-coréen a réclamé jeudi une peine plus sévère contre l'héritier de l'empire Samsung, au premier jour de son procès en appel dans l'affaire de corruption qui a provoqué la chute de l'ex-présidente Park Geun-Hye.

Vice-président de Samsung Electronics et fils du président du groupe Samsung, Lee Jae-Yong a été condamné en août à cinq ans de prison, notamment pour corruption, abus de bien sociaux ou encore parjure dans un scandale à tiroirs en lien avec des versements à la confidente de l'ombre de Mme Park, Choi Soon-Sil.

La justice avait estimé que Samsung avait versé un total de 8,9 milliards de wons (6,6 millions d'euros) pour acheter le soutien du gouvernement à la passation générationnelle du pouvoir au sommet du groupe à la suite de la crise cardiaque du père de Lee Jae-Yong en 2014.

Mais le parquet, qui avait requis 12 ans de prison, avait fait appel de cette décision.

Petit-fils du fondateur du plus gros "chaebol" du pays, M. Lee, 49 ans, était présent jeudi à l'ouverture des débats devant la Haute cour de Séoul, où il est apparu la mine sombre, vêtu d'un costume sans cravate.

Un représentant du ministère public a estimé que la décision de première instance avait été "trop légère" au vu du préjudice subi par des millions de retraités.

L'affaire de corruption fait suite à la fusion de deux unités de Samsung, Cheil Industries et C&T réalisée en 2015 après avoir reçu le feu vert de la Caisse nationale de retraites (NPS), un organisme public et un important actionnaire de Samsung.

Cette opération était considérée comme une étape clé pour la transition en douceur au sommet du groupe Samsung.

- 'Retraités sacrifiés' -

Mais elle avait été dénoncée par certains actionnaires emmenés par le fonds spéculatif américain Elliott, qui estimaient que C&T avait été délibérément sous-évaluée.

L'ancien ministre sud-coréen de la Santé, Moon Hyung-Pyo, a été condamné en juin à deux ans de prison pour avoir fait pression sur la NPS, sous tutelle de son ministère, pour qu'elle soutienne la fusion.

"Les opérations en vue de la succession maximisaient les gains de M. Lee en sacrifiant les intérêts des actionnaires et retraités", a accusé Park Ju-Seong, le représentant du parquet.

Les avocats de M. Lee, qui a également fait appel, ont de leur côté défendu l'idée que les versements de Samsung n'étaient pas des pots-de-vin mais des donations pour soutenir des athlètes, parmi lesquels figuraient la fille de Mme Choi.

"Le principe de la nécessité de preuves pour pouvoir condamner a été ignoré", a tonné le principal avocat du prévenu, Lee In-Jae, en affirmant que rien ne venait étayer l'idée que son client aurait demandé des faveurs à Mme Park lors d'une réunion de 2014 qui est au coeur des débats.

Le parquet conteste également la relaxe qui avait été prononcée en première instance concernant 20,4 milliards de wons versés par le premier fabricant mondial de smartphones à des fondations contrôlées par Mme Choi. La justice avait estimé que Samsung n'avait pas eu d'autre choix que de se plier aux pressions présidentielles.

Quatre autres cadres dirigeants de Samsung, qui avaient été condamnés à des peines moins lourdes en août, sont également concernés par ce procès en appel qui durera jusque février.

Première femme élue présidente en Corée du Sud, Mme Park a été destituée et arrêtée en mars, puis inculpée en avril de 18 chefs, parmi lesquels abus de pouvoir et corruption.

Elle est également accusée d'avoir permis à Mme Choi, qui n'avait aucune fonction officielle ni habilitation de sécurité, d'avoir eu son mot à dire dans les affaires du gouvernement.

Elle est actuellement détenue et son procès devrait s'achever en novembre.

Les accointances malsaines entre élites politique et économique ont été mises au jour par cette affaire. Les millions de Sud-Coréens qui étaient descendus dans la rue pour demander le départ de Mme Park réclamaient aussi l’arrestation des patrons de chaebols.