Le nouveau patron de Nestlé dévoile son plan d'action
26 September 2017
AFP
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Le nouveau patron de Nestlé dévoile son plan d'action

Le nouveau patron de Nestlé a levé le voile sur ses priorités stratégiques pour relancer la croissance du géant suisse de l'alimentation, tout en précisant au passage qu'il n'entend pas changer d'approche sur sa participation dans L'Oréal.

Le nouveau patron de Nestlé a levé le voile sur ses priorités stratégiques pour relancer la croissance du géant suisse de l'alimentation, tout en précisant au passage qu'il n'entend pas changer d'approche sur sa participation dans L'Oréal.

Ulf Mark Schneider, qui a repris les commandes du groupe en janvier, entend s'appuyer sur les grandes catégories de produits de Nestlé, tout en les calant davantage sur les nouvelles tendances de consommation, notamment en renforçant l'e-commerce.

"Il a un sentiment d'urgence dans le secteur de l'alimentation et des boissons qui est en train de changer rapidement", a-t-il expliqué, en préambule, devant un parterre d'analystes réunis à Londres pour une journée dédiée aux investisseurs.

Les contours du secteur sont en train de changer entre autres avec l'émergence de petits acteurs qui affichent des taux de croissance plus élevés, a-t-il concédé.

Autrefois, les PME qui voulaient lancer de nouveaux produits se heurtaient à deux principaux obstacles: se faire connaître mais aussi référencer dans la grande distribution.

L'Internet a changé la donne, a-t-il argumenté, tout en reconnaissant que les grands groupes s'étaient laissés quelque peu distancer.

Les pressions déflationnistes, dans un climat de consommation morose, ont également poussé de nombreux groupes agroalimentaires à donner la priorité aux coupes dans les coûts, plutôt qu'à la croissance.

- Quatre points forts -

Pour trouver un bon équilibre entre "la croissance, la rentabilité et l'utilisation efficace des capitaux", M. Schneider entend remettre en valeur les quatre points forts de Nestlé, à savoir le café, les produits pour animaux de compagnie, l'eau et la nutrition infantile, en y développant les sous-segments à plus fort potentiel de croissance.

Mi-septembre, le groupe a ainsi pris une participation dans le torréfacteur et détaillant de spécialités de café haut de gamme Blue Bottle Coffee, une marque californienne qui s'est imposée par son style minimaliste et ses produits super-premium prêts à boire.

Pour les produits pour animaux, il entend davantage recourir à l'e-commerce, a-t-il également pris en exemple, soulignant que les consommateurs prennent de plus en plus l'habitude de se faire livrer à domicile avec l'essor de la distribution en ligne.

M. Schneider a également dit vouloir relancer la croissance sur les produits surgelés aux Etats-Unis, considérés par les investisseurs comme un des points faibles de Nestlé, estimant qu'ils pouvaient s'adapter aux nouvelles tendances de consommation en faveur de produits plus sains.

"Ce qui importe, ça n'est pas le conditionnement, mais ce que vous mettez dedans", a affirmé M. Schneider, pointant que des ingrédients sains lorsqu'ils sont surgelés donnent des produits sains.

Il a également levé le doute sur les soins de la peau, une nouvelle activité sur laquelle Nestlé a mis l'accent après le rachat en 2014 du laboratoire Galderma, mais pour laquelle la croissance n'a pas été au niveau attendu par les marchés.

Cette catégorie a été développée de manière "trop agressive", a concédé M. Schneider, qui dirigeait auparavant le groupe allemand de santé Fresenius. Une nouvelle équipe a été mise en place, avec pour mission de restructurer ce nouveau pan d'activité et ensuite de lui donner son envol sur des bases saines, a-t-il défendu.

- Participation dans L'Oréal maintenue -

Le nouveau patron de Nestlé faisait pour la première fois le point sur ses priorités stratégiques après s'être laissé plusieurs mois pour découvrir les rouages de l'entreprise.

Le groupe, qui ne parvenait plus à atteindre les niveaux de croissance auxquels il avait habitué ses actionnaires, a été pris pour cible en juin par le fond activiste Third Point, qui a reproché à Nestlé d'avoir fait preuve d'immobilisme et de s'être retrouvé à la traîne d'entreprises plus petites et plus en phase avec les nouveaux goûts des consommateurs.

Il avait exigé que Nestlé augmente les retours aux actionnaires, fixe un objectif formel de marge, procède à un examen complet de ses activités et vende sa participation de 23% dans L'Oréal.

"Notre approche à cet égard ne change pas", a affirmé M. Schneider, alors que le décès de Liliane Bettencourt la semaine passée avait immédiatement ravivé les interrogations autour du pacte d'actionnaire.

Il a en revanche fixé un objectif de marge opérationnelle de l'ordre de 17,5 à 18,5% pour 2020. Il envisage également des cessions de marques qui pourraient représenter jusqu'à 10% du chiffre d'affaires.

En juin, il avait également annoncé allouer 20 milliards supplémentaires pour les rachats d'actions et les acquisitions sur trois ans. Début septembre, Nestlé a ainsi racheté une marque californienne, Sweet earth, spécialisée dans les plats végétariens.