Le gouverneur de la Banque d'Italie appelle le nouveau gouvernement à la prudence
10 July 2018
AFP
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Le gouverneur de la Banque d'Italie appelle le nouveau gouvernement à la prudence

Le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a appelé mardi le nouveau gouvernement italien à la "prudence", estimant que face à une crise, le pays sera "beaucoup plus vulnérable qu'il y a dix ans".

Le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a appelé mardi le nouveau gouvernement italien à la "prudence", estimant que face à une crise, le pays sera "beaucoup plus vulnérable qu'il y a dix ans".

"En Italie, les réformes ont perdu de leur élan en raison des peurs sur les coûts, souvent immédiats, et les doutes sur les bénéfices, qui mûrissent lentement et sur des temps relativement longs", a souligné M. Visco lors de l'assemblée annuelle de l'Association bancaire italienne (Abi).

"Dans ces conditions, devant une nouvelle crise, nous serons aujourd'hui beaucoup plus vulnérables que nous l'étions il y a dix ans", a-t-il jugé, indiquant que les "tensions enregistrées récemment sur le marché financier italien montrent l'importance d'une orientation prudente et équilibrée de la politique économique".

De mi-mai et à début juin, le spread, le très surveillé écart entre les taux italien et allemand à dix ans, a flambé en raison des craintes d'un creusement de la dette italienne liées à la politique à venir du nouveau gouvernement formé du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et de la Ligue (extrême droite).

Tout en appelant à la construction d'une vraie Union bancaire en Europe, le gouverneur a appelé le nouvel exécutif à "faire attention à l'équilibre des comptes publics et à la nécessité de tenir sous contrôle le rapport dette/PIB".

"Il faut de la prudence et de la clairvoyance pour éviter des tensions ou de possibles crises, et pour ne pas laisser en héritage aux Italiens de demain une dette plus élevée et des revenus plus faibles", a-t-il ajouté.

Selon le gouverneur, la priorité doit être donnée à la poursuite du renforcement du système bancaire italien, en particulier des plus petits établissements, à des investissements publics efficaces et à "une réforme fiscale large et équilibrée", un ensemble de mesures destinées à favoriser l'emploi et la croissance.