La crise grecque s'invite à la réunion du FMI
20 April 2018
AFP
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La crise grecque s'invite à la réunion du FMI

Huit années après son déclenchement, la crise grecque s'est encore invitée aux réunions du FMI à Washington, avec des spéculations sur la fin du programme d'aide à ce pays européen et la sempiternelle question de la poursuite de la participation du Fonds.

Huit années après son déclenchement, la crise grecque s'est encore invitée aux réunions du FMI à Washington, avec des spéculations sur la fin du programme d'aide à ce pays européen et la sempiternelle question de la poursuite de la participation du Fonds.

A un moment où l'Europe renoue avec une croissance solide, la question de la crise grecque aurait pu passer inaperçue à Washington, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, ayant elle-même reconnu jeudi que "le peuple grec avait traversé huit années de mise en oeuvre de mesures très difficiles", lors de la conférence de presse d'ouverture des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale.

Mais les révélations du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui a affirmé que les créditeurs du pays méditerranéen envisageaient de prolonger le plan d'aide au pays méditerranéen, ont relancé les spéculations. Une telle prolongation ouvrirait la porte à de nouvelles conditions imposées à Athènes pour conclure le troisième programme, qui devrait pourtant s'achever le 20 août.

Le commissaire européen Pierre Moscovici a rejeté avec force cette possibilité. "La date du 20 (août) est totalement maintenue", a-t-il affirmé dans un entretien à l'AFP en marge des réunions du FMI, appelant à cesser de "laisser planer des incertitudes ou des doutes qui n'ont vraiment pas lieu d'être".

Interrogé sur la possibilité de prolonger le plan d'aide au-delà de cette échéance, M. Moscovici a répondu: "Il n'en est pas question (...). C'est la seule date que l'on doit avoir en tête, la seule qui mobilise", a-t-il souligné.

"J'ajoute que je la crois crédible, réaliste et que pour moi, il n'y a pas d'autre scénario que cette sortie réussie et à temps du programme grec", a-t-il insisté.

- Symbolique -

Pour le commissaire européen, la fin du plan d'aide à la Grèce aurait aussi une valeur symbolique pour l'ensemble de la zone euro: "Finir le programme grec serait un symbole que nous avons mis la crise derrière nous. Et puis, surtout pour les Grecs, ce sera la bonne nouvelle que ce pays est lui aussi sorti de sa crise et est capable de créer de la croissance et de l'emploi".

Le ministre grec de l'Economie, Yannis Dragasakis, a également écarté un nouveau retard. "La question d'une prolongation du programme ne se pose pas, il se termine en août", a-t-il affirmé sur une radio grecque.

La veille, le Premier ministre Alexis Tsipras avait estimé de son côté que son pays se trouvait dans "la dernière ligne droite" pour sortir de "la tutelle" de ses créanciers en août.

Reste la question du maintien du soutien du FMI qui se pose lors de chaque réunion et surtout comment. "Le FMI est prêt à continuer à soutenir la Grèce (...) et nous ferons tout ce que nous pouvons en accord avec nos principes", a répété Mme Lagarde.

Comme l'a encore rappelé mardi le chef économiste du Fonds, Maurice Obstfeld, l'institution souhaite "une réduction de la dette grecque". Or, les Européens ne veulent entendre parler que d'un rééchelonnement de la dette sur une période plus longue.

"Nous partageons avec le FMI l'idée que la dette grecque dans la durée doit être réduite. C'est un objectif commun et nous allons continuer de discuter des meilleures manières d'y parvenir", a expliqué Pierre Moscovici.

Depuis 2010, la Grèce a bénéficié de trois prêts internationaux de plus de 300 milliards d'euros au total ainsi que d'une restructuration importante de sa dette privée, l'ensemble assorti d'une stricte austérité ayant entraîné une récession inédite et l'explosion du chômage, qui reste encore le plus élevé de la zone euro (21%).

Ce n'est qu'en 2017 que le pays a renoué avec la croissance (1,4%) après avoir perdu un quart de son produit intérieur brut (PIB).

Le programme d'aide du troisième prêt international accordé au pays en juillet 2015, six mois après l'arrivée au pouvoir d'Alexis Tsipras, chef du parti de gauche Syriza, doit prendre fin en août. Mais il reste encore l'adoption d'un dernier volet de réformes réclamées par les créanciers.