Engie sort du charbon dans la région Asie-Pacifique
20 June 2018
AFP
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Engie sort du charbon dans la région Asie-Pacifique

Engagé dans une stratégie de recentrage vers les énergies bas carbone, Engie va cesser toute exploitation de centrale au charbon dans la région Asie-Pacifique en vendant sa participation dans le producteur d'électricité thaïlandais Glow, une transaction à 2,6 milliards d'euros.

Engagé dans une stratégie de recentrage vers les énergies bas carbone, Engie va cesser toute exploitation de centrale au charbon dans la région Asie-Pacifique en vendant sa participation dans le producteur d'électricité thaïlandais Glow, une transaction à 2,6 milliards d'euros.

Engie a signé mercredi un accord de cession avec le groupe thaïlandais Global Power Synergy Public Company Ltd (GPSC) pour lui vendre ses 69,1% de Glow, un producteur indépendant d'électricité coté à la Bourse de Thaïlande.

GPSC, qui compte aussi acheter la part restante de Glow, a souligné dans un communiqué l'importance stratégique de cette opération, qui portera sa capacité de production à 4,835 GW.

"La transaction aura un impact de 3,3 milliards d'euros sur la dette nette consolidée d'Engie", a précisé le groupe français dans un communiqué séparé.

L'opération, dont la clôture est attendue pour la fin de l'année, permettra surtout de réduire de 14% les "capacités installées totales du groupe à partir de charbon": après la cession de Glow, elles s'élèveront à 6,9 GW, selon Engie, soit seulement 6% de ses capacités installées.

L'opération s'inscrit dans la stratégie du groupe visant à réduire son empreinte carbone. Ainsi, Engie aura "atteint et même légèrement dépassé" l'objectif de 15 milliards d'euros de cessions d'actifs sur trois ans dans le pétrole et le charbon, prévu dans un programme engagé en 2016, a précisé une porte-parole du groupe à l'AFP.

Confronté au bouleversement du secteur européen de l'énergie, Engie veut se concentrer sur les énergies renouvelables, le gaz, les services énergétiques et les activités à prix régulés ou fixés par contrat, moins risquées que celles exposées aux prix de marché.

- "Cas par cas" -

En novembre dernier, Engie avait déjà cessé toute activité au charbon en Australie.

S'il ne participe plus à un projet en Mongolie, le groupe reste en revanche engagé dans des projets de centrales à charbon en cours au Maroc, au Brésil et au Chili. Ils avaient été lancés avant l'automne 2015, où Engie avait annoncé qu'il ne lancerait plus de nouveau projet de ce type.

Le Chili s'est engagé à en finir avec les centrales à charbon d'ici à 2050, et le gouvernement a signé un accord avec plusieurs énergéticiens, dont le groupe français, pour mener à bien cette démarche.

Selon Cécile Marchand, de l'ONG les Amis de la terre, "Engie se vante de céder des actifs charbon et d'en avoir de moins en moins dans leur portefeuille, mais la question c'est plutôt à qui ils les revendent et quelles sont les conséquences de cette revente pour le climat, les employés qui y travaillent, et les conséquences sociales sur les communautés qui vivent autour des centrales".

Selon elle, "la plupart du temps, la revente signifie prolongement de la durée de vie des centrales".

De son côté, Engie souligne que les fermetures d'unités à charbon ne sont pas toujours possibles et que le groupe procède "au cas par cas", en fonction du contexte et en discutant avec les autorités locales.

Engie fait partie des entreprises dont l'Etat, qui possède 24,10% du capital, envisage de vendre ses parts.

Le groupe reste très présent dans la région Asie-Pacifique: il y conservera des capacités de production d'électricité de 4,2 gigawatts, principalement à partir de gaz et d'une part croissante d'énergies renouvelables.

Présent en Thaïlande et au Laos, Glow compte 800 employés, 3,2 GW de capacités installées (1 GW à partir de charbon, 2 GW à partir de gaz et 0,2 GW à partir d'énergies renouvelables).

A la Bourse de Paris, l'action Engie était quasi-stable (-0,04% à 13,20 euros) vers 11H40, dans un marché en hausse de 0,31%.