Deuxième jour de mobilisation pour les routiers CGT et FO
26 September 2017
AFP
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Deuxième jour de mobilisation pour les routiers CGT et FO

Les routiers CGT et FO ont repris mardi leurs actions contre la réforme du travail, mais certaines de leurs tentatives ont échoué en raison d'une "très forte répression" policière, selon les syndicats qui, dans certaines régions, ont suspendu le mouvement.

Les routiers CGT et FO ont repris mardi leurs actions contre la réforme du travail, mais certaines de leurs tentatives ont échoué en raison d'une "très forte répression" policière, selon les syndicats qui, dans certaines régions, ont suspendu le mouvement.

Au deuxième jour d'un mouvement reconductible, les grévistes ont mené des opérations dans les régions Nord, Bretagne, Normandie, Auvergne, Loire-Atlantique et PACA, mais sans action notable en Ile-de-France, selon un recensement de l'AFP.

Certaines d'entre elles ont cependant rapidement été levées à la suite de l'intervention des forces de l'ordre, comme à Rouen et à Rennes, suscitant la réprobation des fédérations CGT et FO à l'origine de la grève.

"La répression est très forte", a commenté Patrice Clos, numéro un de FO-Transports.

La veille, déjà, les grévistes avaient dénoncé des "intimidations" et une "atteinte au droit de grève" inédite "depuis 2002".

C'est dans ce contexte que l'ensemble des syndicats du transport routier (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) devaient être reçus, à 11H00, au ministère.

Il s'agit d'une séance préparatoire à la réunion programmée avec les partenaires sociaux, jeudi à 16H30, en présence de la ministre des Transports, Élisabeth Borne.

Les discussions porteront sur les moyens de lutter contre "le dumping social et la concurrence déloyale" alors que la directive européenne sur le détachement est en cours de révision, selon Mme Borne.

Si la ministre "ne nous parle que de ça (la directive détachement), ça ne suffira pas, même si c'est un sujet important", a déjà prévenu FO.

Opposés à la réforme du droit du travail, les syndicats dénoncent à l'unisson la possibilité de "faciliter" les licenciements économiques dans les grands groupes ou encore "l'affaiblissement" des représentants du personnel. Ils s'inquiètent surtout de la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d'ancienneté...), jusque-là fixés par la branche professionnelle.

Le gouvernement n'a eu de cesse de répéter que les ordonnances "ne modifient pas" la rémunération des chauffeurs, sans convaincre.

- Mouvement parfois suspendu -

Mardi à l'aube, un barrage filtrant installé sur un rond-point à Carquefou, près de Nantes, a occasionné de forts ralentissements, d'après des sources concordantes.

Sur cet axe proche du périphérique, les routiers ne bloquent "que des camions". "On les relâche toutes les heures", a déclaré Pascal Bodin (FO).

A l'est de Caen, une trentaine de grévistes filtraient les sorties du dépôt de carburant de Mondeville. "Les conducteurs sont solidaires du mouvement, ils partent toutes les 15 minutes", ce qui ralentit l'arrivée des autres camions pour des raisons de sécurité, selon Jean-Marc Lambert (CGT).

Dans les Bouches-du-Rhône, un barrage a été installé à proximité d'une raffinerie située à Martigues, provoquant un large bouchon sur le viaduc autoroutier (A55) de Caronte, a indiqué le CRICR. Plus tôt, le dépôt pétrolier de La Mède a été bloqué momentanément, d'après la CGT.

"La quasi-totalité des dépôts de carburants est libre d'accès" et "l'approvisionnement des stations-service continue d'être assuré normalement", a fait savoir le ministère des Transports.

Dans le Pas-de-Calais, un barrage filtrant a été installé au péage de Saint-Omer sur l'A26, après le blocage plus tôt d'une base logistique de Lens, d'après la CGT.

En Auvergne, le dépôt de carburant Total de Cournon a été bloqué par une cinquantaine de personnes, selon le même syndicat. "Pour la suite qui sera donnée au mouvement, tout dépendra de ce qui va ressortir des négociations au ministère", a dit Jean-François Trincal (CGT).

A La Rochelle, les grévistes ont également décidé "d'arrêter en attendant la réunion" de jeudi, après avoir échoué à bloquer les dépôts pétroliers de La Pallice. "On a essayé de mettre en place quelque chose, mais il y avait une compagnie de CRS entière et ils avaient l'air tendus", a rapporté Stanislas Baugé (CGT).

Les forces de l'ordre sont également intervenues pour débloquer un nœud de circulation important à l'est de Rouen, sans incident, selon la préfecture.

A Rennes, le blocage du principal dépôt de bus a été levé vers 9H00 après l'arrivée de gendarmes mobiles, a indiqué la société Keolis qui gère le réseau.