Défaut de paiement de la dette: de nombreux précédents
14 November 2017
AFP
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Défaut de paiement de la dette: de nombreux précédents

Le Venezuela, déclaré mardi en défaut partiel sur le remboursement de sa dette par l'agence de notation américaine SP Global Ratings, pourrait rejoindre prochainement la longue liste de pays qui ont fait faillite - certains à plusieurs reprises - dont voici les cas les plus emblématiques:

Le Venezuela, déclaré mardi en défaut partiel sur le remboursement de sa dette par l'agence de notation américaine SP Global Ratings, pourrait rejoindre prochainement la longue liste de pays qui ont fait faillite - certains à plusieurs reprises - dont voici les cas les plus emblématiques:

- 1982: Mexique -

Le 22 août 1982, toutes les grandes places financières du monde et près de mille créanciers reçoivent un télex leur annonçant que le Mexique est en état de cessation de paiement. La dette elle-même atteint 86 milliards de dollars et les intérêts 21 milliards.

Élu en 1976, le président Jose Lopez Portillo a dépensé sans compter les surplus générés par l'argent du pétrole. Ce déséquilibre est aggravé en 1981 par la chute des cours de l'or noir.

Après l'annonce du défaut, les États-Unis se portent au secours de leur voisin avec des prêts relais de plusieurs milliards de dollars. Le Fonds monétaire international (FMI) apporte aussi une aide en échange de réformes drastiques.

En 1995, le FMI devra à nouveau se porter au secours du Mexique, lui accordant près de 18 milliards de crédit sur un plan international de sauvetage de 50 milliards.

- 1998: Russie -

L'économie russe, dont les perspectives étaient jugées florissantes un an plus tôt, est déstabilisée par une lame de fond financière venue d'Asie. Les attaques spéculatives sur le rouble se multiplient et les cours des matières premières, principales ressources de la Russie, plongent.

Le 17 août 1998, le gouvernement dévalue la monnaie, déclare un moratoire unilatéral sur la dette étrangère et renonce à honorer ses échéances vis-à-vis des créanciers nationaux.

La Russie, dont la dette publique en devises étrangères s'élève alors à 141 milliards de dollars et la dette intérieure à 50,6 milliards, devra attendre douze ans pour revenir emprunter sur les marchés.

- 2001: Argentine -

En récession économique depuis trois ans, l'Argentine enchaîne les plans d'austérité et ne contrôle plus sa dette extérieure.

Début décembre 2001, craignant l'effondrement de l'économie, le gouvernement plafonne les retraits en liquide dans les banques. Des émeutes sont sévèrement réprimées (33 morts). Le président Fernando de la Rua démissionne.

Le 23 décembre, le président intérimaire Adolfo Rodriguez Saa décrète un moratoire sur la dette nationale, entraînant un défaut de paiement d'environ 100 milliards de dollars sur la dette argentine auprès de créanciers privés, soit le défaut le plus important de l'histoire. Certains créanciers ont accepté une restructuration de la dette en 2005 et en 2010, mais d'autres ont refusé.

Début 2016, le nouveau président Mauricio Macri a soldé les dernières dettes avec les fonds "vautours" américains et, après 15 ans d'absence, l'Argentine est revenue sur les marchés internationaux de capitaux.

- 2008: Équateur -

Le 12 décembre 2008, l’Équateur suspend le paiement de près de 40% de sa dette internationale, qui s'élève alors à 9,9 milliards de dollars, soit 19% du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Le président Rafael Correa, ancien économiste élu en 2006, estime qu'une partie de cette dette est entachée d'illégalité pour avoir été surévaluée lors de la dernière négociation au début des années 2000. C'est la troisième fois en 14 ans que l’Équateur décrète un moratoire sur sa dette.

- 2015: Grèce -

Fin juin et mi-juillet 2015, alors qu'elle est engluée dans la récession et soumise à une austérité stricte depuis l'éclosion de la crise de la dette en 2010, la Grèce fait défaut en n'honorant pas deux remboursements au FMI pour un montant total de 2 milliards d'euros.

Un prêt d'urgence des Européens permet à Athènes d'apurer cette dette et de pouvoir à nouveau prétendre à l'aide financière du FMI.

L'accord d'août 2015 entre la Grèce, dont la dette frôle les 180% du PIB, et ses créanciers sur un troisième plan d'aide de 86 milliards d'euros sur trois ans éloigne le risque d'un défaut de paiement qui aurait menacé la cohésion de la zone euro.