Coup dur pour le Mondial de l'auto, délaissé par Volkswagen
16 May 2018
AFP
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Coup dur pour le Mondial de l'auto, délaissé par Volkswagen

La marque allemande Volkswagen a annoncé mercredi qu'elle renonçait à son stand au Mondial de l'automobile de Paris, qui se tiendra du 4 au 14 octobre, une mauvaise nouvelle pour le salon français, délaissé par plusieurs labels internationaux.

La marque allemande Volkswagen a annoncé mercredi qu'elle renonçait à son stand au Mondial de l'automobile de Paris, qui se tiendra du 4 au 14 octobre, une mauvaise nouvelle pour le salon français, délaissé par plusieurs labels internationaux.

Le constructeur allemand, numéro un des ventes en Europe, a justifié cette décision par l'absence de nouveaux modèles à présenter, tout en précisant qu'il envisageait des événements à Paris durant le salon.

"La marque Volkswagen réévalue continuellement la pertinence de sa participation aux salons internationaux de l'automobile. Cette évaluation est principalement basée sur les (...) campagnes de lancement des nouveaux produits", a-t-elle affirmé dans un communiqué.

La marque a expliqué "qu'elle ne participerait pas au Mondial de l'automobile de Paris avec son propre stand". Mais elle "évalue actuellement le fait d'être présente à Paris pendant le salon à travers différentes actions de communication".

Le groupe Volkswagen sera en revanche bien présent, avec ses autres marques Audi, Skoda, Seat et Porsche.

L'annonce de Volkswagen s'ajoute à plusieurs autres défections. Selon un premier décompte non exhaustif de l'AFP, les marques Ford, Opel, Nissan, Infiniti, Volvo et Mazda seront également absentes des stands parisiens cette année.

"C'est un phénomène qui touche tous les salons", a regretté Jean-Claude Girot, commissaire général du Mondial, joint au téléphone par l'AFP.

"Il y a certaines marques qui décident de ne pas venir parce qu'elles n'ont pas de nouveauté ou ont une autre stratégie, mais il y a de nouvelles marques qui viennent", a-t-il relativisé, citant notamment l'arrivée du constructeur chinois GAC: "Cette année, c'est la première fois qu'il y aura un constructeur chinois au Mondial de l'auto."

Au sujet de Volkswagen, il a espéré un retour du géant allemand dès la prochaine édition en 2020.

La liste des défections qui s'allonge "n'est pas une bonne nouvelle" pour le Mondial, estime de son côté Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. Parmi les absents on compte "de grandes marques qui vendent beaucoup de voitures chaque année en France", selon lui.

- "Grand succès populaire" -

Depuis plusieurs années, les marques automobiles réévaluent la pertinence de leur participation aux salons automobiles mondiaux, jugée coûteuse, et suppriment des événements de leur calendrier. Les dernières éditions des salons de Detroit et Francfort, et dans une moindre mesure celui de Genève, n'ont pas échappé à ce phénomène.

Pour M. Neuvy, il s'agit de "choix budgétaires", mais cette évolution est "étonnante" car les salons restent "des grands succès populaires" qui ont aussi "un fort retentissement médiatique". Le Mondial de l'automobile à Paris est le plus fréquenté au monde avec plus d'un million de visiteurs en 2016.

Cet expert ne pense pas que l'absence de quelques marques affecte pour l'instant la fréquentation du salon parisien. "Mais il ne faudrait pas non plus que ça continue et qu'il y en ait d'autres encore qui ne viennent pas", car alors "c'est son attractivité qui en pâtirait".

Face aux difficultés qui touchent tous les salons, le Mondial de Paris, qui fêtera en octobre ses 120 ans, a engagé un renouvellement important en s'ouvrant aux services de mobilité et aux nouvelles technologies qui bouleversent l'industrie automobile.

Il accueillera cette année le Mondial de la moto, renouant avec une tradition d'exposition des deux roues qui remonte à ses origines. Il lancera parallèlement un nouvel événement grand public, le Mondial de la mobilité, sur le thème des services et des véhicules partagés, mais aussi un nouveau salon professionnel, Mondial.Tech, dédié aux nouvelles technologies pour l'automobile. Et il accueillera pour la première fois la déclinaison française du salon d'électronique grand public CES de Las Vegas.

Jean-Claude Girot a souligné qu'il regrettait particulièrement la défection de Nissan, partenaire japonais de Renault au sein d'une alliance devenue, avec Mitsubishi, le premier constructeur automobile dans le monde. "Renault est actionnaire du salon et fête ses 120 ans cette année en même temps" que le Mondial, l'absence de Nissan "me choque", a-t-il déclaré à l'AFP.